vendredi 3 juillet 2009


"Lolita, lumière de ma vie, feu de mes reins.Mon péché, mon âme. Lo-li-ta : le bout de la langue fait trois petits bonds le long du palais pour venir, à
trois, cogner contre les dents.
Lo. Li. Ta."



V. Nabokov - Lolita

jeudi 11 juin 2009

Littérature Contempo.


"Laissons les jolies femmes aux hommes sans imagination."
M. Proust

mardi 28 avril 2009

Sur mès lèvres



Je te rencontre. Je me souviens de toi.
Qui est tu ?


Tu me tues. Tu me fais du bien.
Comment me serais je doutée que cette ville était faite à la taille de l'amour ?

Comment me serais je doutée que tu étais fait à la taille de mon corps même ?
Tu me plais. Quel événement. Tu me plais.
Quelle lenteur tout à coup. Quelle douceur.
Tu ne peux pas savoir.
Tu me tues. Tu me fais du bien.
Tu me tues. Tu me fais du bien.
J´ai le temps. Je t´en prie. Dévore-moi.
Déforme-moi jusqu´a la laideur.
Pourquoi pas toi ?
Pourquoi pas toi dans cette ville et dans cette nuit pareille aux autres au point de s´y méprendre ?
Je t´en prie…

(…)

Je te rencontre. Je me souviens de toi.
Cette ville était faite à la taille de l´amour. Tu étais fait à la taille de mon corps même.
Qui est tu ?
Tu me tues.
J´avais faim. Faim d´infidélités, d´adultères, de mensonges et de mourir.
Depuis toujours.
Je me doutais bien qu´un jour tu me tomberais dessus. Je t´attendais dans une impatience sans borne, calme.
Dévore-moi. Déforme-moi à ton image afin qu'aucun autre, après toi, ne comprenne plus du tout le pourquoi de tant de désir.
Nous allons rester seuls, mon amour.
La nuit ne va pas finir. Le jour ne se levera plus sur personne.
Jamais. Jamais plus. Enfin
Tu me tues. Tu me fais du bien.
Nous pleurerons le jour défunt avec conscience et bonne volonté.
Nous aurons plus rien d´autre à faire que, plus rien que pleurer le jour défunt.
Du temps passera. Du temps seulement.
Et du temps va venir.
Du temps viendra. Où nous ne saurons plus nommer ce qui nous unira. Le nom ne s´en effacera peu à peu de notre mémoire.
Puis, il disparaîtra tout à fait.

Hiroshima mon amour, Marguerite Duras

vendredi 13 mars 2009

Méditation des heures perdues

" La première fois qu'Aurélien vit Bérénice, il la trouva franchement laide." "Aujourd'hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas." "Longtemps je me suis couché de bonne heure."* Ces premières phrases de roman évoquent-elles des souvenirs? Au-delà du jeu de devinette, sait on quelles force d'attraction opèrent les premiers mots d'un récit? A t-on envie de savoir pourquoi Aurélien revit la laide Bérénice? (puisqu'il est évident qu'il va la revoir.) Il est des premières phrases qui nous laissent sur le seuil. Premiers mots, ne sont destinés qu'à moi, lecteur, puisque l'usage que je ferais de ce roman restera strictement personnel. Le choix de nos livres dit un peu ce que nous sommes et beaucoup de ce que nous cherchons? Nous comptons sur eux comme sur des guides pour éclairer les régions profondes de notre être.



*- Aurélien, Louis Aragon
- L'Etranger, Albert Camus
- Un amour de Swann, Marcel Proust