jeudi 21 août 2008

Renaissance .


C'est comme si la lumière, ou plutôt le soleil, ne s'était pas levé depuis cinq jours. Tout dans la ville était sombre et la vie devenait perverse. Elle était là, hésitante, à observer le monde dépérir derrière la fenêtre de sa chambre, chambre d'enfance, chambre de secret. Alors on se réveille dans un monde englouti , sur un trottoir, dans une voiture, près de quelqu'un qu'on ne connait pas. Aucune surprises ni même un soupçon d'étonnement. On rentre en transe sur une vieille musique de boîte qui nous fait exploser, on plane, on s'exécute à reproduire les mouvements et les désirs de son propre corps. On essaye de vivre, survivre derrière des immenses barricades, derrières le soupçon d'humanité qu'il reste. Ou alors on se cache dans une vie qui n'existe pas, juste pour le plaisir d'avoir l'impression d'être vivant. Le monde coule alors ne faisons pas pareil. Les corps ondulent, se balancent, l'instant sera de courte durée puisqu'en un instant tout redevient comme avant. On se coupe d'un monde dépravé pour essayer de faire croire que l'innocence existe encore dans le fond des cœurs. Les tapisseries roses de la petites chambres changent de couleur en même temps que la boule à facette qui illumine la petite pièce. Tout devient apocalyptique personne ne sait plus qui il est. Tout le monde se serre, se rencontre, s'embrasse, se tue, se déchire, pour mieux se mélanger.Les filles se déhanchent se balancent en rythme. La fumée des joints fait de la petite pièce surpeuplés un aquarium, l'alcool et la drogue en abondance. Que c'est bon de défier le monde, défier les adultes! Personne n'est alors inconnu puisqu'ils partagent tous le même espace vitale. On se sent vivants, et cons d'être aussi jeunes.

Le réveil est douloureux, dans des odeurs de vomissures, des maux de crânes et des envies d'ailleurs. La chambre rose de gamines, n'existe plus dans cette ambiance d'orgies malsaines entre capotes usagées, urines, et mélange du repas et du surplus d'alcool. Jelly se réveille dans un monde qui n'est pas le sien, tout simplement parce qu'elle a voulu exister et prouver qu'elle aussi était de ce monde. Pourtant, ce sentiment d'être insignifiante aux yeux de tous l'écrasait. Jelly avait juste été un moyen de plus de trouver un lieu abriter pour s'éclater la gueule, faire tout ce qu'on ne peut pas quand on a 30 ans. Les yeux sont explosés, et les visages livides. C'était la fin du monde l'espace d'une soiré. C'est con d'être jeune finalement. Mais elle aime ce jeux, presque le jeux de l'amour et du hasard. Le jeu du "faire semblant", du jeu d'être la maîtresse de maison. Elle s'approche du temps maussade du dehors et esquisse un sourire. Elle pense qu'elle à tout gagné mais en fait ce n'est que fioritures. La vie n'est qu'illusion Jelly. Retourne à tes poupées et ne t'enferme pas dans cet univers digne de téléréalité à la con. Dors encore un peu, ferme les yeux, je n'attends que ça l'instant où tu fermeras les yeux, où tu plongeras la tête la première dans le silence. Ne te réveilles pas trop tôt, tout l'univers est là, à tes pieds, n'essaye pas de conquérir trop vite cette jungle...

2 commentaires:

Geodesic a dit…

Miam j'aime.

fabrice a dit…

Bonjour,
Je découvre votre blog via l'interface interne qui pointe les liens qui renvoient à notre site (pinkushion.com).
La plume est séduisante, les mots claquent sans esbroufe et perce une sensibilité émouvante.
Merci pour ces moments de doutes bercés de poésie douce-amère.
FF